Menuisières négociations

« – Mais tu aurais dû me dire, on aurait ajouté la rallonge de levier ! »

Il me sort un tube en métal et l’enfile sur la poignée de la machine à faire des trous carrés -autrement appelée mortaiseuse- que nous avons utilisée la veille pour façonner les points d’assemblage de mon valet. Effectivement, cette astucieuse application de ces vieilles histoires de mécanique des solides m’aurait sans doute épargné quelques courbatures au bras et pectoraux droits, que je venais de lui annoncer.

« – C’est le métier qui rentre ! Quand tu as appris tout ça il a bien fallu que les muscles se fassent, que tu prennes des forces ?
– Bôh, tu sais, dès tout petit j’allais au champ avec mon père, la charrue, tout ça. Et puis le bricolage est vite venu, vers mes douze ans ma mère me donnait trois heures l’après-midi de temps en temps pour aller chercher du cuivre pour que je fasse l’électricité dans le village. C’était comme ça et c’était pas plus mal ! »

J’avise ses presque quatre-vingt-dix ans, son mètre cinquante-cinq au sommet du béret, ses immenses paluches, son fier sourire et son regard presque étonné par ma question.
C’est mon grand-père.

Derrière lui, l’atelier, aux grandes et lourdes portes violettes, rempli de machines et d’outils. Chacun a son histoire. Cette fraiseuse, au socle datant du XIXe siècle, s’est vue dotée d’un contre-poids pour la mobiliser plus aisément, cette scie à ruban s’est vue augmentée de tout un système à rail et cylindres pour pouvoir découper seul des planches de plusieurs mètres, cette équerre lui a été donnée par un étudiant du lycée technologique, et là derrière, tu sais ! J’avais ma pièce avec mes machines à clés, le soir je redescendais et j’en fabriquais une petite centaine, c’était rapide avec mes bricolages… enfin je t’embête peut-être avec mes histoires, hein…
Jamais il ne m’embête avec ses histoires. J’ai parfois du mal à tout comprendre parce qu’il s’adresse à moi comme si j’avais le vocabulaire et que je maîtrisais menuiserie, mécanique, électricité et compagnie. Mais je ne me lasse pas de ses récits généreux, nappés de sa gourmande passion et de son sens du suspense et de l’humour. Alors pour ne pas l’interrompre trop souvent, je m’appuie sur mes souvenirs d’études de physique, ses explications parfois théatrâles, mon imagination, etmes neurones courent après les siens pour le suivre dans ses aventures technologiques et artisanales.
Dans ses pas, le Professeur Tournesol et Géo Touvetout auraient sans doute aussi quelques sprints à piquer.

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Le jour où…

Voici ma petite contribution à l’Intant Psychomot de cette semaine :

Il y a eu ces sanglots lâchés, le temps d’un trajet en ascenseur après une dure séance d’accompagnement de soins, sur ma peine et mon impuissance auprès de cette dame que je suivais depuis des mois, en train de mourir dans l’angoisse et la douleur.

Il y a eu ces colères, rentrées ou exprimées, sur des chiffres absurdes dans des tableaux, distribuant 0,04 Equivalent Temps Plein de psychomotricité ici, 0,1 là, accompagnées de l’envie d’ajouter une ligne « baguette magique » dans la commande du prochain plan Equipement.

Ces fatigues, frustrations et sentiments d’être débordée, au gré des prescriptions médicales, absences de collègues, masse de patients dont on sait qu’ils ont besoin de temps, de réflexion clinique et de coordination entre professionnels qu’on ne peut pas donner, et pour lesquels il faut établir un ordre d’urgence et de priorité. Ou à l’inverse, plus rare mais tout aussi piquant, ce désœuvrement crasse, quand au gré des roulements d’internes, turn-over de médecins et moments de tension, la machine hospitalière oublie notre existence. Ces solitudes, ces timidités, face aux ignorances sur notre métier de la part des autres professionnels de santé, ces lassitudes de devoir sans cesse répéter, ces batailles auprès de la hierarchie pour maintenir certaines activités, ces contorsions temporelles et spatiales, ce jonglage mental que seul un soignant affecté à une dizaine de services sur trois établissements a à faire pour être là, quand même.

Il y a eu des dizaines de situations éprouvantes, stressantes, inédites ; ces émotions épidermiques ou plus profondes et insidieuses, ces malaises parfois, face aux odeurs prenantes, visions de corps abîmés, cris et plaintes, efforts physiques à fournir ; face à l’agitation, la colère, l’agressivité, l’impossibilité de communiquer par les moyens habituels, et à la détresse qui semble parfois sans fond.

Et des journées de doute, de remises en question, de sentiment de ne pas savoir, ne pas pouvoir, d’être insuffisante.

Mais tout le reste aussi, qui fait qu’après un mois de pause d’exercice clinique, je vais y retourner.

Des arcs-en-ciel

C’était l’arc-en-ciel de mercredi matin vers 8h, en allant prendre officiellement mon nouveau poste de psychomotricienne formatrice-référente d’année, dans cette ville qui me rapproche de mes racines.

Un pont entre le ciel lointain auquel j’ai beaucoup rêvé enfant -un ciel ami aux étoiles immuables qui épinglent les secrets de la marche du monde à l’espace- et le sol où mes pieds avancent.

Mon deuxième en quelques jours : les conditions climatiques et les lois de l’optique ont aussi oeuvré il y a une semaine. À quelques kilomètres de notre nouveau point du chute, l’arche s’est déployée au dessus de la route sur laquelle nous tracions à bord d’un gros fourgon contenant tout mon ancien appartement.

Il y a quelques temps, on m’avait demandé si mon surnom, « Petit Bourgeon », était encore bien adapté à mon expérience de psychomotricienne qui, sans être bien avancée, n’est certes plus celle d’une jeune diplômée.

Il faut croire que même si c’est effrayant, la nouveauté où j’ai tout apprendre m’attire. Et à défaut de savoir si je vais encore pousser un peu parmi de vieilles branches (je devrais me décider sur mon poste clinique dans quelques jours), je commence tant bien que mal à accompagner d’autres petits bourgeons dans leur éclosion. Enfin, « commence » : pas tout à fait, mon rôle de tutrice de stage et de mémoire m’a déjà fait goûter à ce genre de mission. Mais là… donner cours, organiser une année de formation et faire lien avec les intervenants ; organiser des évaluations ; suivre pédagogiquement la progression des étudiants ; s’y retrouver dans la masse de documents, process et protocoles, référentiels, règles, outils ; participer aux réflexions internes et transversales, aux évolutions et à la vie de l’institut de formation, et j’en oublie… c’est un autre métier.

Il y a encore peu, je ne m’en sentais pas capable.

Heureusement, je patauge sans trop de panique, ma confiance renflouée par les doux mots des anciens collègues, grâce aux belles rencontres avec les nouveaux (le blog m’y a aidée… j’étais un peu connue avant d’arriver !).

Et aux arcs-en-ciel.

Que va devenir le blog ?

Et mon projet de livre ?

Les réponses, peut-être, sous un autre arc-en-ciel.

Bernard et Mme Perdue

Voici Bernard.

Vendredi matin, avant de le fourrer dans un sac en papier, je lui ai dit : « Bernard, c’est ton heure de gloire. Ta mission est de devenir l’objet transitionnel de Mme Perdue. Tu es notre dernier espoir, Bernard. On compte sur toi. »

« On », c’est Main Verte et Coquelicot (deux collègues psychomot), l’interne du service de rééducation gériatrique où Mme Perdue a réatterri après une balade d’unités en unités démarrée en été, et plus ou moins tous les soignants qui s’occupent d’elle.

Mme Perdue est très âgée, presque sourde, quasi aveugle, très atteinte par une maladie d’Alzheimer et affreusement angoissée. Avant de tomber, de se casser quelques os autour de le hanche et de voir ses poumons s’infecter à force d’avaler de travers, elle déambulait dans les couloirs à la recherche de quelqu’un à qui s’accrocher. Elle ne supporte pas d’être seule plus de quelques secondes. Au moins, quand elle tenait debout, son inlassable randonnée rendait son corps présent et actif, l’espace solide et visitable, les autres joignables par son propre mouvement, le temps rythmé par ses pas et elle drainait sans doute ainsi son infinie confusion. Là, retenue au lit ou au fauteuil pour l’empêcher de tomber, elle ne peut rien faire. Son corps est loin et ne se présente à elle que dans les douleurs de ses fractures, dans sa soif intense ou dans la toux, autrement englouti dans une abîme d’insécurité et de perte perpétuelle. Alors, à longueur de journée, puisqu’elle ne peut venir aux autres et qu’il faut que les autres viennent à elle, elle crie. Elle appelle, à s’en casser la voix, malgré les doses croissantes d’anxiolytiques.

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« Voyage au-delà de mon cerveau », Dr Jill Bolte Taylor

Parce que l’Accident Vasculaire Cérébral est un problème de santé publique, et représente la 1ère cause de handicap acquis de l’adulte, la 2e cause de démence, la 2e cause de mortalité en France, et que 40% des survivants conservent d’importantes séquelles (source : Inserm), j’avais envie de lire ce livre.

Parce que je constate, dans mon quotidien à l’hôpital, à quel point l’expérience de l’AVC est particulière et méconnue avant d’être vécue, à quel point il est difficile pour les patients d’en rendre compte et pour les soignants d’en saisir les grands traits, surtout quand les lésions cérébrales privent les victimes d’une parole intelligible, mais également à quel point elle coupe littéralement l’existence en un avant et un après, j’avais envie de lire ce livre.

C’est chose faite, et voici mon avis :

Le Dr Jill Bolte Taylor est neuroanatomiste. En 1996, âgée de 37 ans, elle mène une vie bien remplie, entre son poste de recherche et d’enseignement à l’Université de l’Indiana et son activité de porte-parole de la Banque des cerveaux de Harvard, un organisme chargé de promouvoir et organiser le don de cerveaux pour la recherche.
Un matin de Décembre, elle se réveille dans un état très inhabituel. Dans une étrange quiétude en regard de la situation, elle comprend qu’elle est victime d’un accident vasculaire cérébral, et parvient avec difficulté à prévenir un collègue qui viendra la secourir. Elle découvrira ensuite qu’une malformation vasculaire est responsable de l’hémorragie qui a littéralement noyé une grande partie de son hémisphère gauche.

Dans son livre, après une courte biographie et quelques rappels de biologie et neuroanatomie nécessaires à la compréhension de son propos, elle s’attache à rendre compte de ce qu’elle a ressenti, pensé, fait et compris depuis l’instant t de son AVC jusqu’au delà des 8 années nécessaires à la totale récupération de ses capacités.

Si le Dr Bolte Taylor lisait les lignes qui vont suivre, elle vous dirait probablement que mon avis mitigé sur son ouvrage est un pur produit de l’activité de mon hémisphère gauche.

Et c’est là mon principal problème avec ce qu’elle avance : s’il existe bien une spécialisation hémisphérique, avec une prédominance de l’activation de réseaux de neurones de l’un ou de l’autre côté selon certains aspects de certaines fonctions cérébrales, le Dr Bolte Taylor va jusqu’à, d’une part, attribuer des traits de personnalité, des valeurs morales, des tendances émotionnelles, des philosophies bien définies à chaque hémisphère à partir, d’autre part, de son expérience de défaillances en série à mesure que son hémorragie s’étendait. Et accorder du crédit à ces assertions… c’est au dessus de mes forces.

Avant d’aller plus loin dans la critique, je vais tâcher de pointer ce que j’ai tout de même apprécié et qui reste pour moi un apport intéressant, voire unique et en cela majeur

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Miroir


2010

Sur Instagram existe une belle initiative portée par des psychomotriciennes : l’instant psychomot. L’une de ses déclinaisons propose de publier une photo, un texte, une vidéo… sur un thème donné, à l’affiche pendant une semaine.
J’ai été inspirée par le dernier d’entre eux, voici ma contribution.
Si vous êtes sur Instagram, n’hésitez pas à consulter le compte @instantpsychomotofficiel et les hashtags dédiés !

Miroir.
Discret dans les salles de psychomotricité que j’ai fréquentées, parcimonieusement utilisé dans mes séances. Parce que.

Sa propriété, la réflexion spéculaire, se contente de retourner la réalité lumineuse de la matière de notre corps vers notre œil. Mais face à notre reflet, les prismes réfractants du regard que nous portons sur nous même, façonnés par les avatars de notre schéma corporel et notre image du corps, nous permettent rarement d’accéder à la fidélité neutre de la surface de verre. Qui s’arrête à cette simple perception : « ce sont les formes, les volumes, les couleurs de mon corps et de ses mouvements tels que reçus par l’angle et l’amplitude embrassés par mon champ visuel » ?

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Acte manqué

Hier, en voulant sortir de mon sac ma carte de transport pour prendre le bus après quelques courses en fin de journée, je me suis aperçue que je l’avais oubliée. « Acte manqué », ai-je pensé. Ma collègue ergo, qui m’a envoyé un mot pour m’indiquer où elle la rangeait en attendant, a eu la même idée.

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Comment je ne suis pas devenue Messmer (partie 5) : psychomotricité et hypnose

5.  En rééducation, qu’est-ce que l’hypnose peut apporter ? Et le rapport avec la psychomotricité, alors ? Tu t’en sers dans tes séances ?

Vous en avez marre de la théorie ? Moi aussi : passons à la pratique, à travers quelques courtes vignettes cliniques pour illustrer mon usage des techniques hypnotiques au cours de séances de psychomotricité, ou dans un accompagnement plus quotidien.

→ Pour favoriser la régulation émotionnelle 

À l’UCC, Mme Sensible a une maladie d’Alzheimer avancée, un syndrome anxio-dépressif et des troubles moteurs , toniques et praxiques (= gestuels) majorés au bras droit qui la rendent maladroite, et dépendante pour un grand nombre de tâches. Elle a une image d’elle très négative et vit mal le regard et les remarques des autres patients, qui bien souvent sont désinhibés dans leurs propos et ne savent plus mettre les formes. Elle en souffre beaucoup, peut ainsi se mettre en colère, pleurer et s’isoler subitement, au point de stopper une conversation, une activité et de perdre ses moyens. Le retour au calme est parfois long. À un moment de crise, où je la sens très tendue, je lui propose un temps juste pour elle dans sa chambre. Elle accepte de s’allonger, que je masse ses jambes et que je mobilise lentement ses membres. Les yeux fermés, une détente légère s’installe, elle semble un peu moins envahie par ses émotions et plus disponible à la relation, mais grimace et sursaute encore. Je la sens toujours inconfortable et ne veux pas la mettre en difficulté en lui faisant ressentir plus de tension musculaire que de détente, surtout dans mes mobilisations de son bras droit. Le massage a déjà introduit une première modification de son état de conscience, je poursuis l’induction en guidant son attention de ses sensations tactiles et proprioceptives vers son audition pour faire le lien avec ma voix, et enchaîne avec ce que l’on appelle une « safe place » (= lieu de sécurité), qui consiste à proposer d’imaginer selon toutes les modalités sensorielles un endroit, réel ou ou non, où l’on se sent apaisé, protégé. Sa détente s’accroît, j’ai l’impression que l’orage est passé. Je mets fin à la séance en douceur, et elle peut regagner l’espace commun quelques minutes plus tard, bien plus apaisée.

→ Pour optimiser une séance de rééducation de l’équilibre et de la marche

À l’UCC, M. Sérieux a une maladie à corps de Lewy (= maladie neurodégénérative alliant troubles cognitifs et troubles moteurs de type parkinsoniens) et a beaucoup de difficultés à se déplacer. Il chute régulièrement, il « freeze » (= se bloque brusquement quand il marche, les pieds aimantés au sol), « festine » (= marche à tout petits pas pressés et projette son buste vers l’avant, comme s’il tentait de courir après son centre de gravité) et appréhende beaucoup de se lever et de marcher. Même si sa mémoire et son interprétation de certaines situations lui font souvent défaut, il conserve de bonnes capacités de compréhension verbale et d’attention. Au cours d’une séance de rééducation de la marche avec puis sans déambulateur, je lui fais observer la qualité de celle-ci selon qu’il se concentre sur la hauteur et la longueur de ses pas, l’ajustement de l’axe de l’axe de son corps, la direction de son regard, l’orientation de son intention (= ne se concentrer que sur l’atteinte du fauteuil au bout du couloir ? Avancer de quelques mètres sans se soucier de relier un point A à un point B ?). J’utilise des éléments de rhétorique hypnotique, des suggestions de stabilité dynamique du corps, d’élan, de résolution et de détermination, un débit et une musicalité de parole que j’adapte à l’essai en cours pour soutenir son travail perceptif, moteur et attentionnel. Il peut ainsi déterminer que son équilibre est plus sûr et confortable et qu’il marche sans conteste bien mieux lorsqu’il se focalise sur l’objectif à atteindre et s’il ne cherche pas à lutter contre les freezing en tentant de s’en libérer activement mais plutôt en réancrant ses pieds au sol quelques secondes avant de décider de repartir.

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Comment je ne suis pas devenue Messmer (partie 4) : l’hypnose et nos aînés

Papi à l’atelier – 2009

4. « Comment fait-on avec des personnes sourdes, fatiguées, avec des troubles cognitifs ou une imagination difficilement mobilisable ? »

Ça, c’était ma question, en début de formation. Que j’ai soulignée en rouge sur ma fiche de notes lorsque j’ai appris dans les premières heures de théorie que les personnes âgées avaient tendance à être moins suggestibles que les personnes plus jeunes, comme nous l’avons vu dans la partie 3.

L’hypnose, c’est beaucoup de parole. Et la parole, quand on est sourd, avec une attention et une compréhension verbale ralenties par l’âge, voire altérées, voire absolument plus fonctionnelles à cause de troubles de la mémoire ou du langage, quand c’est quelqu’un qui porte un masque sur le visage qui vous parle…

« -… bien… maintenant que vous avez fixé ce point devant vous et que vous avez laissé vos paupières se fermer, peut-être pouvez-vous entendre les sons qui nous entourent… les sons au delà de la chambre, peut-être les pas dans le couloir ou le bruit du chariot, ou celui du vent dans les feuilles de l’arbre sous vos fenêtres…
– *rouvre les yeux* Quoi ? Qu’est-ce que vous dites ?!
– *j’augmente le volume de ma voix*… peut-être pouvez-vous laisser quelques sons vous parvenir, les bruits du couloir ou de la chambre à côté, ceux de l’extérieur, ou peut-être est-ce très calme et silencieux en ce début d’après-midi…
– *me regarde intensément* PARDON ?!
– *je donne tout ce que j’ai* … ET PEUT-ÊTRE ENTENDEZ VOUS QUELQUES SONS EN PROVENANCE DE L’EXTERIEUR DE LA CHAMBRE, DU COULOIR, DES PAS, OU PEUT-ÊTRE N’Y A-T-IL AUCUN BRUIT ET VOUS NE CAPTEZ QUE DU SILENCE…
– Oh oui, c’est très calme !
– TRES BIEN ! VOUS POUVEZ ALORS PROFITER UN PEU DE CE CALME REPOSANT AVANT DE TOURNER VOTRE ATTENTION SUR LES SONS ET LES SENSATIONS QUI VIENNENT DE VOTRE CORPS… LES BATTEMENTS DE VOTRE COEUR… LES GARGOUILLIS DE VOTRE VENTRE, VOTRE RESPIRATION… COMME UN ORCHESTRE QUI JOUE LA MUSIQUE REGULIERE DE VOTRE CORPS ET DONT VOUS ETES LE CHEF PLUS OU MOINS DIRECTIF, PLUS OU MOINS SPECTATEUR…
– Bah là je l’entends pas, mon cœur. C’est normal ? D’ailleurs c’est bizarre parce que des fois la nuit je me réveille et ça tape, ça tape !! Je peux plus dormir, et puis… »

C’est galère. Y a une expression qui convient parfaitement au sentiment que ce début de séance m’inspire, à base d’instrument à corde et de liquide corporel, dont la vulgarité m’empêche de la citer ici… mais vous voyez l’idée.

En fait, proposer de l’hypnose à une personne âgée reste possible.

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